usque vers les années 1840, les abords de la "petite mer" d’ARCACHON sont constitués de dunes de sable dressées par le vent, plantées de rares végétations et riveraines des marécages de l’intérieur, communément appelés les "landes". Les seuls habitants sont des pasteurs sur échasses et leurs familles.

Ce territoire difficile à vivre est parcouru par les troupeaux de moutons ; les pasteurs procurent la peau et la laine pour la réalisation des vêtements usuels et des étoffes tissées localement ; l’arrière-pays, ponctuellement planté de pins, est habité par des paysans résiniers, fabriquant la térébenthine, le brai et le goudron, commercialisés à Bordeaux.

Quant aux rives du Bassin, seules de petites unités d’habitations sont occupées par des pêcheurs et leurs familles. Jusqu’au jour où des bourgeois bordelais décident de se rendre au bord de ce bassin pour y côtoyer l’eau, voire y tremper leurs pieds sans ôter leurs jupons…

Deux frères, les banquiers PEREIRE, bien connus de la Plaine Monceau à PARIS, propriétaires de la Compagnie du Midi, entreprennent de racheter la liaison ferroviaire entre BORDEAUX et LA TESTE pour l’améliorer et faciliter l’accès aux plages du Bassin. La ville "d’été" commence alors à se développer, le trajet des "trains de plaisir" se faisant en deux heures de train et une de pinasse pour relier LA TESTE au lieu de résidence appelé EYRAC.

La Compagnie des frères PEREIRE prolonge ensuite la voie ferrée jusqu’au centre de la petite ville "d’été" où se trouvent quelques logements d’accueils et petits hôtels. Leur grande idée prend forme : créer une ville "d’hiver" dans la pinède sur la dune haute, mêlant belles maisons familiales, équipements de soins et lieux de divertissements exotiques, pour distraire les touristes.

Vers 1860, la "ville nouvelle" d’Arcachon prend forme, disposant de belles voies de circulations, de grandes villas à l’architecture prestigieuse, d’un buffet chinois, d’un casino mauresque, etc.

A l’origine grand lieu de soins, ARCACHON devient progressivement une "villégiature" très courue vers la fin du XIX° siècle, entraînant progressivement l’aménagement de l’ensemble des rives du Bassin et le développement harmonieux de la cité balnéaire de réputation internationale.